Le Maroc s’est doté, depuis 2009, d’une stratégie de développement et de compétitivité du secteur halieutique national baptisée HALIEUTIS. Elaborée conformément aux orientations stratégiques de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, HALIEUTIS entend ériger le secteur en un véritable créneau de développement du Royaume. Elle ambitionne de valoriser de façon pérenne la richesse halieutique marocaine et de tripler le PIB du secteur d'ici 2020 pour en faire un véritable moteur de croissance pour l'économie marocaine.

 

  • Cette stratégie a été conçue autour de 5 idées fortes :
  • 1
    La ressource halieutique, un patrimoine naturel durable : Toutes les pêcheries, à intérêt commercial, aménagées sur la base de quotas,
  • 2
    L’Aquaculture, un relais de croissance fort : 2 activités aquacoles phares, la pisciculture et la conchyliculture,
  • 3
    Des ports de pêches structurés et équipés au service du secteur : Des enceintes portuaires dédiées gérées par un « Global Operator »,
  • 4
    Toutes les captures valorisées à terre : Un nouveau port de pêche au Sud et 3 pôles de compétitivité au Nord, Centre et Sud du Royaume,
  • 5
    Des flux contrôlés tout au long de la chaîne de valeur : Un système de contrôle efficace en mer et à terre.

 

  • Objectifs à l’horizon 2020 :
  • PIB du secteur
    Pêche, aquaculture et industrie, Milliards Dh
    21.9
  • Emploi direct à Terre
    Industrie et aquaculture
    115 000
  • Emploi indirect
    510 200
  • Poids de l’informel
    % du CA du secteur
    < 15 %
  • Exportations des produits halieutiques
    Milliards de US$
    3.1
  • Part du marché mondial
    En volume, en % du marché adressé
    5.4%
  • Production halieutique
    Milliers de tonnes
    1 660
  • Production aquacole
    Tonnes
    200 000
  • Importations
    Matière première pour l’industrie, tonnes
    130 000
  • Consommation locale
    Kg/habitant/an
    16 Kg
  • Durabilité de la ressource
    Espèces capturées sous quota
    95 %

 

  • Cette vision sectorielle s’appuie sur trois axes majeurs ;
  • Durabilité
    Une ressource exploitée durablement pour les générations futures ; il s’agit de
  • Performance
    Un secteur outillé et organisé pour une qualité optimale du débarquement à la commercialisation, ceci de manière à
  • Compétitivité
    Des produits mieux valorisés et compétitifs et sur les marchés les plus porteurs, en la mise en œuvre d’actions pour

 

Par ailleurs, il y a lieu de citer que la stratégie vise à encourager une véritable intégration amont-aval, et à améliorer la coopération entre tous les acteurs pour une cogestion effective du secteur. 

La nouvelle feuille de route du secteur a arrêté 16 projets structurants à mettre en œuvre, qui s’appuient sur les principes de développement durable et insistent sur la dimension environnementale, de manière à ce que chaque projet soit ;

Ecologique Social Economique Vivable Viable Durable Equitable
 
 
 
Ecologiquement responsable
  • Préserve la biodiversité du milieu marin
  • Lutte contre la surpêche
  • Veille a la reconstitution des stocks des espèces surexploitées et protège les espèces menacées
  • Promeut des pratiques de pêche durable
Economiquement viable
  • Maximise la valorisation des produits de la mer et la création d’emplois
  • Améliore la compétitivité des produits marocains sur les marchés historique
  • Permet la croissance des exportations par la pénétration de nouveaux marchés
Ecologiquement responsable
  • Améliore les condition de travail et de vie des marins-pêcheurs
  • Met en valeur le travail des femmes qui interviennent dans le secteur de la commercialisation et de la transformation.
  • Améliore l’apport en protéines assurant l’accessiblité des produits de la mer à l’ensemble des consommateurs marocains

 

  • Les 16 projets définis, sont articulés autour des 3 axes stratégiques ; « Durabilité, Performance, et Compétitivité » ;

 

Pour la durabilité de la ressource :

Les quatre premiers projets s’articulent autour de la durabilité de la ressource. Dans cet objectif, il est question d’aménager les pêcheries sur la base de quotas, pour atteindre un rendement maximal durable pour 95% des ressources débarquées. Les plans d’aménagement des pêcheries veulent faire évoluer le comportement des pêcheurs afin d’en faire les premiers acteurs d’une pêche responsable, mais aussi procurer une bonne visibilité aux professionnels afin de stimuler l’investissement, aussi bien pour la modernisation des navires que pour le développement de l’industrie de transformation. Pour ce faire, des outils ont été adoptés qui consistent en la définition des unités d’aménagement et des niveaux d’exploitation, - TAC et quota individuel -, l’ajustement de l’effort de pêche et la mise en place des mesures techniques (restrictions spatiales, temporelles, sur les prises et les tailles, sur les engins de pêche).

Par ailleurs, il s’agit aussi de renforcer et partager la connaissance scientifique. Dans ce contexte, il est prévu d’agir à plusieurs niveaux, à savoir tout d’abord de faire un suivi régulier et précis de l’état des stocks permettant de veiller à l’équilibre de l’écosystème marin. De même, il est question de mobiliser une recherche halieutique de pointe et de développer un système d’information halieutique intégré, sans oublier de mettre l’accent sur la collaboration avec les partenaires du Royaume en matière de recherche scientifique.

Toujours en faveur de la durabilité de la ressource, des actions seront mises en œuvre pour adapter et moderniser l’effort de pêche. L’objectif est de permettre une exploitation responsable et une meilleure valorisation de la ressource. Dans ce souci de modernisation il est question d’ajuster la flotte de pêche opérationnelle des 3 segments, de définir la flotte de pêche cible à l’horizon 2015 et de mettre à niveau et moderniser la flotte de pêche opérationnelle.

Le quatrième projet enfin, en faveur d’une ressource durable, consiste en le développement de l’aquaculture pour en faire un moteur de croissance majeur.  L’objectif est d’atteindre une production aquacole significative au vue du potentiel marocain, à hauteur de 200 000 tonnes, à l’horizon 2020.

 

Pour un secteur performant :

Parmi les projets retenus, il y a lieu de citer notamment le développement des infrastructures et équipements de débarquement.

L’axe de la performance prévoit également la mise en place d’espaces portuaires dédiés à la pêche avec une gestion efficiente. Ceci de manière à assurer une maîtrise de la traçabilité des produits dans l’enceinte portuaire. Par ailleurs, il est question de renforcer l’attractivité des halles à marée.

Toujours en vue de plus de performance, un projet de structuration et de dynamisation du marché intérieur autour des marchés de gros et de détail est à l’ordre. L’objectif et de faire du poisson un aliment plus accessible à l’ensemble de la population, mais aussi, de garantir aux consommateurs la sécurité sanitaire des produits de la mer.

 

Pour un secteur plus compétitif :

Pour un secteur plus compétitif, les projets à entreprendre, retenus dans le cadre de la stratégie, consistent en la mise en œuvre d’actions pour faciliter l’accès des industriels aux matières premières. D’un autre côté, il est prévu de soutenir l’introduction des industriels sur les marchés les plus porteurs.

Par ailleurs, il est prévu de créer trois pôles de compétitivité à travers le Royaume, au Nord, Centre et Sud, pour améliorer la valorisation des produits. La stratégie prévoit également d’augmenter le taux d’utilisation des capacités de production et d’élargir la gamme des produits disponibles sur le marché marocain.

 

Des actions transversales :

Pour encadrer le secteur, cinq actions transversales sur les 16 projets structurants sont à mettre en œuvre. Il s’agit tout d’abord de clarifier et compléter le dispositif juridique de manière à définir concrètement les rôles et responsabilités de chaque intervenant.

L’objectif également à travers la démarche est de réduire l’informel et garantir la traçabilité des produits. Sur ce plan, toute la chaîne des valeurs est concernée. De même, il s’agit à ce niveau de développer un système de contrôle effectif.

Par ailleurs, il est question dans le cadre des actions transversales de renforcer les compétences et d’améliorer l’attractivité des métiers, de manière à assurer les besoins en main- d’œuvre en amont et en aval de la filière.

Sur le plan institutionnel, le projet vise à mettre en place une gouvernance publique forte pour moderniser le secteur.

Parallèlement, il s’agit d’organiser la représentation professionnelle et d’encourager une interprofession. Ceci de manière à fédérer les opérateurs autour des décisions clés pour la gestion et le développement du secteur ainsi qu’établir un dialogue transparent et efficace entre les différents intervenants du secteur.

 

  • Le plan « Halieutis » repose sur la mise en place de cinq outils clés:
  • 1
    Le comité national de la pêche
    Gouvernance
  • 2
    Le fond pour l’ajustement et la modernisation de l’effort de pêche
    Financement
  • 3
    L’agence nationale pour le développement de l’aquaculture
    Promotion et développement
  • 4
    Le centre de valorisation des produits de la mer
    Veille technologique
  • 5
    L’observatoire de l’emploi du secteur halieutique
    Gestion proactive

 

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